dimanche 10 juillet 2016

Psychanalyse et pornographie d'Eric Bidaud


Je remercie Stéphane pour sa confiance et ce service de presse.


Résumé :

Eric BIDAUD est maître de conférences HDR (Habilité à Diriger des Recherches) en psychopathologie clinique à l’université Paris 13 Sorbonne Paris Cité, psychologue clinicien, psychanalyste, membre de l’association « Espace analytique ». Il exerce depuis de nombreuses années dans le champ de la clinique de l’adolescent et de l’adulte. Son activité actuelle se définit par rapport aux questions qu’il tente de poser en réponse aux cliniques dites contemporaines : les enjeux et les écritures du corps, les représentations et les figures de la sexualité, les nouvelles formes du lien à l’image virtuelle et ses effets sur le sujet. Il travaille à faire dialoguer la psychanalyse avec les mots et les objets de notre modernité : le sexe, le porno, l’internet… Derniers ouvrages parus : (en coll. avec C. Trono), Il n’y a plus de honte dans la culture, Paris, Penta, 2010. Recherches de visages. Une actualité de la psychanalyse, (dir.) Paris, Hermann, 2014.


Avis:

Au jour d'aujourd'hui, la pornographie a pris une grande place dans la sexualité. Éric Bidaud prend le temps de nous détailler, de nous montrer la place qu'a pris le porno dans la société, qu'il occupe une grande place et qu'à terme cela deviendra normal...

De ce fait, regarder un film porno ne sera plus considéré comme du voyeurisme, de la perversité mais comme si on regardait une emission télé classique, dans le seul but de se divertir, de passer un bon moment mais sans se soucier du quand dira-t-on ! La psychanalyse va pouvoir se décaler du danger que représente sa normalisation par les préjugés de l’analyste, à la source des fantasmes sans se demander si c'est bien ou mal. Les règles sont flouttés mais est-ce bien ? Où est passé la notion de mal et de biens ? Avant il y avait la réflexion mais maintenant, je n'en ai plus besoin et je passe directement à l'action !

Il sera question de désir à l'état brut, sauvage ! Mon corps veut donc moi aussi ! Abats la morale, abats les idées reçues et vive le porno qui prend une grande place dans notre société et qui pollue la morale ! Tant que c'est dans la continuité de la normalité, on pourra considérer que ce n'est pas dramatique mais presque normal, il ne faut pas franchir la barrière qui elle, n'est pas réellement établie.

Le porno, c’est voir, seul, en toute discrétion. Ce qui compte finalement pour celui qui regarde le porno ce n'est pas tant le scénario et tout le tralala mais l'action l'énergie qui se dégage des acteurs qui va donner ou augmenter l'envie à celui qui va regarder.

Le porno a une incidence directe sur le psyché. Il est finalement un mal pour un bien (et cela dépend pour qui !) car tous n'ont pas besoin de porno pour "se mettre en jambe". La sexualité est incontrôlable aujourd’hui et c'est pour cette raison qu'il est devenu difficile de le cantonner à la sphère privée.

La sexualité est partout que ce soit dans les pubs, dans les films, les séries, les panneaux publicitaires... Le sexe devient banal et entre dans les mœurs. De nos jours, elle détermine l'individu dans toute sa splendeur et ça commence déjà tout petit. Jusque-là, le sexe n'appartenait pas à la construction théorique de la pensée, il s'invite désormais dans ce nouveau champ expérimental auquel la psychanalyse va devoir faire beaucoup de recherches et trouver des solutions aux nombreux problèmes que cela engendrera à l'avenir...


Note : 7/10

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