lundi 24 octobre 2016

Interview de Thierry Berlanda



- Bonjour Thierry, merci de m’accorder cette petite interview !
- Merci à vous, Dilshad, de m’accueillir à votre bord.

Question n°01 : pouvez-vous vous présenter en quelques mots.

Je suis un écrivain, c’est-à-dire que je passe ma vie à écrire et que je suis à peu près incapable de rien faire d’autre. Cela mis à part, je suis un type comme les autres.


Question n°02 : j’ai eu la chance de pouvoir vous découvrir à travers « L’insigne du boiteux », un thriller vraiment exaltant ! Pourquoi ce genre ? Vous êtes vous cantonner dans l’écriture du thriller uniquement ou vous êtes vous essayé à d’autre style ?

J’ai écris des romans de toutes les sortes (et pas seulement des romans). J’aime bien travailler la couleur noire, car il me semble qu’elle permet de mieux dégager les autres couleurs : celles de tous les sentiments, bleus, roses ou gris.


Question n°03 : vous êtes thé ou café ?

Ni l’un ni l’autre. Et quand je bois du jus de raisin, il n’est même pas fermenté…


Question n°04 : à quel moment écrivez-vous ? Le jour, la nuit, dès que l’inspiration vous vient ?

Dès que l’inspiration me fait la joie de venir, et c’est plutôt la nuit. Les muses n’aiment pas le bruit.


Question n°05 : vous êtes plutôt ancienne école (papier/crayon) ou moderne (tablette/pc) pour écrire ?

J'aimerais bien écrire au stylo plume (ça m’arrive parfois), mais je suis plus productif avec un clavier.


Question n°06 : quelle est votre couleur préféré ?

Le vert doré de la feuille de gui.


Question n°07 : comment vous est venue l’idée de l’histoire de « L’insigne du boiteux » ?

Longue histoire, qui remonte au temps où je lisais, étudiant, En Haine du Roman, un essai sur Flaubert dans lequel Marthe Robert explore le complexe de « l’enfant trouvé » : ce sentiment que développent des enfants mal dans leur peau, se croyant issus d’une famille plus reluisante à leurs yeux que la leur, et condamnés à vivre une vie qui n’est pas la leur dans un milieu indigne d’eux. J’ai voulu pousser ce trait de caractère au maximum, jusqu’à imaginer ce qui pourrait advenir d’un vrai prince, arraché enfant à son destin. Ce thème, seulement effleuré dans L’Insigne du Boiteux, est fouillé à fond dans La Fureur du Prince.


Question n°08 : vous êtes sucré ou salé ?

Il faut le demander aux personnes qui m’ont goûté ;)


Question n°09 : quel est votre auteur préféré ?

Dostoïevski. Mais j’aime aussi un grand nombre d’autres romanciers, et aussi de philosophes. J’ai un peu plus de mal avec les écrivains français d’après guerre, bien que quelques découvertes que j’ai faites récemment parmi les auteurs d’aujourd’hui (surtout des femmes d’ailleurs), m’ont vraiment accroché.


Question n°10 : quel livre trône fièrement dans votre bibliothèque ?

L’Odyssée. C’est le livre de ma vie. A quelque page que je l’ouvre, il me parle de moi, de nous. La forme peut en sembler parfois un peu surannée, mais il conserve néanmoins une puissance et une beauté étonnantes.


Question n°11 : quel est votre actualité à venir ?

A part la promotion de La Nuit du Sacre (sortie en septembre chez NL), la parution des Actes d’un colloque philosophique que j’avais organisé en novembre dernier à la BNF, avec Benoit Chantre, sur le Désir. Le calendrier 2017 est très fourni, mais il est encore un peu tôt pour en parler. Je peux déjà vous dire que deux nouveaux romans paraîtront d’ici l’été prochain.


Question n°12 : quel est votre rituel d’écriture ?

Il me faut le silence, ou parfois un petit fond de musique baroque. Sinon, contrairement à certains de mes personnages (…), je n’ai pas besoin de rituel pour passer à l’acte.


Question n°13 : quel est votre plat préféré ?

Les spaghettis à la sauce de tomates fraîches, avec ail, basilic et huile d’olive. J’ai des goûts peu sophistiqués, et comme je ne mange aucun animal, ni vivant ni mort, mes choix sont relativement restreints. 


Question n°14 : si vous devriez me conseiller un livre, ce serait lequel et pourquoi ?

J’ai un peu l’embarras du choix… Le livre de Cathy Galliègue, qui paraîtra l’année prochaine chez Albin Michel, est un chef d’œuvre (comme le précédent). J’ai beaucoup aimé aussi les romans récents de Roselyne Magdalena, Carole Declercq ou Martine Magnin.


Question n°15 : vous vous intéressez à l’art en général ?

Oui mais je n’aime pas les musées. Cela dit, voir deux Kandinsky au musée d’art moderne de Venise, cet été, a été une joie pour moi. J’aime la musique (j’en fais d’ailleurs), et mes goûts vont de Bach aux Arctic Monkeys, en passant par Dylan, Queen, Les Beatles, Brassens ou le jazz (il y a d’excellents groupes de jazz français depuis une vingtaine d’années, comme celui de Trotignon par exemple).

Un pur délice !

Question n°16 : quel est votre dessert préféré ?

Le clafoutis aux cerises ou une charlotte à l’ananas. En choisir un des deux est au-dessus de mes forces…





Question n°17 : quelle est votre bibliographie exacte ? J’ai essayé de la chercher sur Internet mais je n’ai jamais trouvé deux fois la même info…

Elle commence à être très fournie. Une bonne dizaine de publications philosophiques, cinq romans publiés, et une quinzaine d’autres, déjà écrits, qui attendent leur heure…


Question n°18 : quelle est votre style de musique ?

Le must, pour moi, c’est Ballad of thin man, de Bob Dylan, et les Suites pour violoncelle, de Bach. Mais il y en a d’autres, déjà cités, et d’autres encore, qui me plaisent beaucoup aussi : Schubert ou Scriabine, par exemple. Mais une chanson d’Hugues Aufray ou de Jean Louis Murat peut très bien me ravir aussi.


Question n°19 : quel livre lisez-vous en ce moment ?

La rame à l’épaule, de Baptiste Rappin ; Les Derniers jours de René Girard, de Benoît Chantre ; et chaque jour une dizaine de pages de Balzac (les premiers chapitres de Le Père Goriot sont épatantes, les suivantes aussi d’ailleurs) ou un poème de Bonnefoy ou de Rimbaud.


Question n°20 : quel film Disney vous correspond ?

Ratatouille. Ce cuisinier qui cache un rat sous sa toque, c’est tout moi : incapable d’écrire quoi que ce soit sans le secours de mon rat !


Question n°21 : comment êtes-vous tombé dans l’écriture ? Un auteur, un livre ?

Jack London, Homère, Hugo. Notre Dame de Paris m’a collé le virus quand j’avais 12 ans, mais je couvais déjà cette heureuse maladie depuis quelques années, en écrivant des trucs pourtant imbuvables…


Question n°22 : votre histoire est à Paris. Pourquoi avoir choisi la capitale ?

Parce qu’elle constitue le décor quotidien de beaucoup de gens, et que c’est dans ce quotidien que je voulais introduire un élément d’étrangeté absolue, Le Prince Akhavan, afin de susciter une atmosphère où tout semble devenir incontrôlable.


Question n°23 : le dernier mot de la fin est pour vous, si vous avez quelque chose à dire à vos lecteurs, allez-y !

La vie me donne beaucoup de joies, et d’abord la joie-même de vivre. Parmi ces joies, celles que me font mes lecteurs en me disant qu’ils ont passé de bons moments avec mes romans, est l’une des plus exquises. En écrivant, j’essaie modestement de les en remercier.


- Je vous remercie pour vous êtes prêté au jeu des questions/réponses, à bientôt !
- Merci Dilshad, et bravo pour l’enthousiasme et la compétence dont vous faites preuve pour partager vos engouements littéraires avec les personnes qui suivent votre blog. Cette envie de transmettre de belles choses, je trouve que c’est très important, très utile, et très beau.

11 commentaires:

  1. Ah oui, j'ai beaucoup entendu parler de son roman et cette interview m'a encore plus donné envie de le découvrir !

    RépondreSupprimer
  2. Merci Dilshad pour vos questions fines et les illustrations si bien choisies. A bientôt.Thierry Berlanda

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci à vous Thierry, ce fût un plaisir ! A bientôt :)

      Supprimer
  3. Merci Dilshad pour vos questions fines et les illustrations si bien choisies. A bientôt.Thierry Berlanda

    RépondreSupprimer
  4. Comme d'habitude, un entretien séduisant avec cet écrivain rare et distingué que j'adore. Sauf le rat, il faut que je me renseigne !!! pour le reste, il a le talent chevillé au coeur, une plume facile sans complaisance, et ses romans noirs sont lumineux de plaisir. En plus , j'aime beaucoup les hommes, ils sont rares aussi, qui ne mangent pas leurs copains animaux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis ravie que cette interview vous ait plu Martine !

      Supprimer
  5. Hou, c'est une sacrée et belle interview. Merci pour la découverte de cet auteur.

    RépondreSupprimer
  6. Une interview super sympathique =)
    Merci pour ce moment de détente. :)

    RépondreSupprimer